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Edition l'Age d'Homme
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  Jil Silberstein / Exacerber l'Instant
 

 

Écrit à 24 ans, Exacerber l'Instant, poèmes, relève le défi d'exprimer ce qui se dit malaisément: le scandale d'être au monde...

La poésie finit par triompher de la nécessité aux lourdes paupières:

"C'était lui ce minuscule été de fleurs épineuses..."

 

  Jean Romain / Le temps de la déraison

Notre époque s'empresse de briser les repères au nom de la technique, de la modernité, de la rapidité, de l’urgence. Nous abandonnons les points fixes. Et, curieusement, nous nous laissons entraîner vers des importances vaines, un peu par paresse, un peu par lassitude, et beaucoup parce que nous sommes partisans de la servitude volontaire.

Sera-t-il possible de retrouver le temps de la raison, et de nous orienter vers une éthique de la joie ?

 

  Georges Haldas / Le Christ à ciel ouvert

ISBN: 2-8251-1374-3

En quoi « à ciel ouvert » ? Et d’abord ceci : que ce qui caractérise avant tout le Christ, c’est sa résurrection. Autrement dit, un retournement radical de l’ordre dit « naturel ». Ce n’est plus en effet la mort qui succède à la vie, mais l’inverse. Or, ce retournement marque et éclaire chacune des paroles du Christ (« les premiers seront les derniers »), comme chacun de ses actes (c’est lui qui lave les pieds de ses compagnons, et non le contraire). Quelle plus grande ouverture que ce retournement ?

Second point. Le Christ commence sa « vie publique » au désert où, à Satan qui lui offre tous les avantages de la puissance en ce monde, il répond par trois fois non. Car la puissance, il le sait, c’est l’écrasement de l’autre. Sa clé de voûte : le meurtre. A quoi le Christ oppose l’énergie de l’amour qui, elle, libère au lieu d’asservir. Et en fonction de laquelle le Christ lui-même, plutôt que de tuer l’autre, a accepté d’être tué pour que l’autre, précisément, puisse accéder à une relation plus intime avec Dieu. Il est, de ce point de vue, l’essence de l’anti-meurtre en même temps qu’une infinie ouverture à l’autre.

Troisième ouverture. A l’ancienne Alliance des Juifs – celle de Yahvé avec une communauté humaine : Israël, en l’occurrence, le « peuple élu » – il substitue une Alliance nouvelle : celle de Dieu, non plus donc avec une communauté humaine quelconque, mais avec chaque être humain en particulier,sans acception de race, de nation, de classe – conférant par là même à la personne humaine son caractère unique, à la fois, et sacré.

Hölderlin, dans un vers mémorable, a dit que, pour nous autres hommes, « tout commence ici bas, et s’achève ailleurs ». Exactement ce qu’a révélé le Christ. Il y a le royaume de ce monde (inscrit dans l’espace/temps); et il y a, invisible, le « royaume des Cieux » – en nous – (soustrait à l’espace/temps), notre destination finale. Notre patrie première si on ose dire. Bref, il en résulte que notre vie sur terre n’est pas une fin en soi, un séjour fermé. Mais un commencement. Une ouverture elle aussi à l’illimité.

Il est capital enfin de noter que le Christ ne nous oblige en rien à croire à ce qu’il dit. Il nous laisse libres d’adhérer ou de récuser ce qu’il propose (et qu’il a vécu). De même qu’il est l’essence de l’anti-meurtre, il est, contrairement à l’lnstitution, l’essence même de la liberté. Car ce qu’il est venu apporter aux hommes, ce n’est pas la connaissance, suspecte de pouvoir toujours et de sécurisation, mais la confiance. Et qu’est-ce que la confiance, sinon le don entier de soi à cela dont on n’a pas de preuves ? Un saut dans l’abîme.

Une totale prise de risque. Qu’y a-t-il donc de plus « à ciel ouvert » que cette confiance ? Dont certains aujourd’hui, et pour cause, ont une secrète nostalgie. Tant il est vrai qu’« heureux ceux qui ont cru sans avoir vu».

G. H.

Illustration de la couverture :La Sainte Face, XIIe siècle, gallerie Tretyakov, Moscou.

Page créée le: 09.10.01
Dernière mise à jour le 09.10.01

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